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"RAMA RAMA" : Témoignages d'étudiants en stage : Hirirau POU

Rama Rama

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Hirirau POU - stage de chargée de projets culturels

  • Etudiante en master d’enseignement MEEF1 HISTOIRE à l’ESPE (2017-2018)
  • Stage facultatif au sein de l’association Tahiti Héritage
  • Du 20 mars au 01 avril 2017 (4 semaines)
  • Premiers pas à l’UPF : Licence Histoire (2014-2015)

 

 

Retour d'expérience vidéo pour Hirirau Pou

 

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Comment as-tu eu l'idée de faire ton stage de licence au sein de l'association Tahiti Héritage et comment as-tu procédé pour y arriver ? Avais-tu déjà une connaissance du milieu culturel avant ce stage ?

Durant ma troisième année en licence, nous avons eu le choix de faire un stage qui n’était pas obligatoire, mais recommandé. Le stage pouvait être réalisé en entreprise, en administration, en bureau d’études, voire en ONG, à condition qu’il s’inscrive dans une des thématiques suivantes : la géographie, l’aménagement, l’environnement, l’histoire, et l’archéologie. Il fallait qu’il dure entre 7 et 15 jours. J’ai tout de suite pensé à un stage en rapport avec la culture polynésienne et le patrimoine.

 

Je me suis donc mise à chercher, à me renseigner un peu partout auprès d’entreprises assez connues, telles que le GIE Tourisme, le Service de la Culture et du Patrimoine. Je suis tombée par hasard sur un article dans Tahiti Infos, qui racontait une légende peu connue à propos de mon île d’origine, dont seuls les matahiapo avaient encore connaissance. Cela m’a beaucoup intriguée et fait plaisir. L’article avait été rédigé par l’association Tahiti Héritage, sur laquelle je me suis tout de suite mise à faire des recherches. A ma grande surprise, je suis tombée sur leur merveilleux site, inconnu à ma connaissance, mais tellement bien garni. J’ai retrouvé sur le site web de Tahiti Héritage une panoplie d’articles sur diverses légendes de la Polynésie, ainsi qu'énormément de photos anciennes. Un vrai trésor ! J’ai passé toute la nuit à les lire, j’étais émerveillée.

 

Suite à cette découverte, j’ai tout de suite voulu effectuer mon stage avec cette association. Le président de l’association m’a proposé de travailler avec lui sur un projet encore en discussion, en partenariat avec la Polynésienne des Eaux. Ce projet précis consistait à organiser un grand tour de l’île à la manière traditionnelle, c’est à dire dans des trucks polynésiens, avec des orchestres locaux. C’était l’occasion pour tous les employés de l’entreprise de célébrer les 25 ans de l’entreprise. Et en ce qui concerne l’association Tahiti Héritage, il s’agissait d’apporter une touche culturelle dans cette journée récréative. En effet, le tour de l’île s’est organisé de manière à ce que plusieurs arrêts se fassent dans divers lieux symboliques de Tahiti, en rapport spécialement avec le thème de l’eau.

 

Mon travail a donc consisté à organiser un itinéraire structuré, correspondant au thème de l’eau. Le but principal était de parcourir plusieurs sites afin d’en apprendre davantage sur l’aspect historique du lieu, les légendes s’y rapportant et la symbolique qu’ils incarnent. J’avais pour mission d’organiser au mieux cette expédition, de faire des recherches sur chaque lieu sélectionné, et d’établir une fiche complète de tous les éléments se rapportant aux sites : légendes, photos, anecdotes, témoignages, etc. Ce sont ces fiches qui ont été présentées lors d’une exposition à la bibliothèque. Ainsi, en partenariat avec la Polynésienne des Eaux, l’objectif de ce stage consistait à valoriser le rôle de l’eau dans la culture polynésienne, grâce à la mise en place du tour de l’île organisé, visant un public bien particulier, c’est-à-dire les employés d’une société en rapport avec l’eau. Et ensuite, dans une optique plus large, nous avons décidé de viser un public plus large, notamment avec cette exposition à la bibliothèque de l’Université.

Que retiendras-tu de ce stage ? Qu'est-ce qui t'a été bénéfique ?

Ce stage est un très bon souvenir ! J’ai eu l’occasion de m’investir dans un projet qui me tenait à cœur et d’aller toujours au-delà de ce que je pouvais faire. J’ai rencontré des personnes hors du commun, ancrées dans la culture polynésienne et investies sérieusement dans la préservation de ce patrimoine. Grâce à mes recherches, j’ai découvert plusieurs aspects de cette culture que moi-même, Polynésienne, je ne connaissais pas. J’ai appris tellement de choses insolites sur notre île, des légendes magnifiques et des lieux inconnus. Ça a vraiment été une sacrée belle expérience !

Qu'est-ce qui a été le plus difficile ?

Le plus difficile a été la phase de recherche. Il y a peu de sources concrètes et accessibles. Il faut fouiller partout : bibliothèques, archives, blogs, sites de photos. Mais il est possible aussi de se référer aux habitants de l’île et aux anciens qui y vivent encore. Et ce qui m’a posé problème notamment dans cette phase de recherche a été la pratique de la langue tahitienne. Que ce soit pour des textes, ou des récits anciens, ou bien pour discuter avec des personnes âgées, le fait de ne pas pratiquer la langue tahitienne couramment ne m’a pas facilité la tâche. Mais ce fut un moyen pour moi de me remettre en question.

Un souvenir particulier et précis qui te restera de cette expérience professionnelle ?

Un des moments forts de mon stage fut bien évidemment la finalisation de tout ce grand projet, c’est-à-dire le jour où nous avons effectué le tour de l’île. Il faisait beau, tout le monde portait de l’intérêt à chaque site que nous avons présenté. Et ce fut un bon moment de partage culturel et de réjouissance. Mais ce que je retiens de vraiment particulier, c’est ma rencontre avec Raymond Graffe. C’est un acteur important et connu de la culture polynésienne, qui se caractérise comme étant un Grand Prêtre. Ce fut pour moi l’occasion de percevoir une vision des choses différente et des éléments de paysage comme des sortes d’entités vivantes. Les discussions avec lui ne peuvent qu’être passionnantes et enrichissantes.

Que conseillerais-tu aux étudiant·es pour leur recherche de stage ?

Certains ont une représentation assez péjorative de ce qu’est un stage : ils y voient un travail sans rémunération. Mais si je peux donner un conseil, ce serait celui de choisir un sujet qui vous passionne. Si on aime ce que l’on fait et ce que l’on y apprend, ce sera toujours un vrai plaisir de s’y engager. Il y a plusieurs organisations qui ne travaillent pas souvent à la vue de tous, c’est-à-dire qui ne sont pas forcément connues. Dirigez-vous vers ces organismes. Sortez un peu de ceux que l’on a l’habitude de fréquenter. Il y en a tellement.

Où en es-tu aujourd’hui ? Quelle a été la suite de ton parcours après ce stage ?

Suite à ce stage, j'ai continué le cours de mes études, à savoir ma troisième année de licence, et je me suis inscrite en master d'enseignement en Histoire-Géographie afin de mettre toutes les chances de mon côté pour pouvoir réussir le concours du CAPES. Et le fait d'avoir participé à ce stage m'a permis de renforcer mes méthodes de recherche, méthodes que tout historien a le devoir de mettre en pratique afin de transmettre une vérité historique la plus juste possible. En effet, j'ai appris à rechercher des sources d'informations fiables, à les confronter, et à en extraire les différentes interprétations. D'autant plus que j'ai pu travailler sur le terrain, de manière concrète, chose qui n'est pas suffisamment valorisée dans certaines formations universitaires. Donc ça a vraiment été une opportunité pour moi de mettre en pratique de manière concrète et réelle ce que j'apprenais en cours.

Est-ce que ce stage t’a été utile dans la suite de tes études et dans la construction de ton projet professionnel ? Quel est-il ?

Aujourd'hui, j'ai terminé ma première année de master. Et ce stage m'a réellement donné l'occasion de réfléchir à de nouvelles perspectives pour la suite de mes études, notamment après avoir eu des retours très intéressants suite à l'exposition sur l'eau. Les thématiques travaillées lors du stage m'ont donné l'envie d'en apprendre davantage, et d'approfondir mes recherches, d'autant plus qu'on avait également réussi à susciter de l'intérêt chez d'autres personnes. Afin de travailler au mieux la thématique de l'eau en Polynésie, j'ai décidé de m'orienter vers une deuxième année de master en recherche à l'Université, donc en LCSO (Langues, Cultures et Société en Océanie). En effet, cette voie m'offre davantage l'occasion d'axer mon mémoire, en cours de réflexion, par rapport à un thème culturel, à savoir l'eau en Polynésie. De plus, les cours proposés me permettront de me familiariser avec le milieu océanien dans lequel nous vivons et dans lequel j'aimerais inscrire mon sujet de mémoire.

 

Ainsi, pour résumer les choses, ce stage a réellement été une aubaine pour moi, et il a été un coup d'accélérateur dans mes décisions futures. Il a été une ligne directrice de ce que je pouvais faire, et une confirmation de ce que j'aimais faire. Et produire un mémoire avec une thématique telle que l'eau, en rapport avec la culture polynésienne, serait pour moi la consécration de tout ce long chemin depuis ce stage.

 

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