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L’IRD réunit des scientifiques au chevet de l’océan

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Un symposium international centré sur l’étude du milieu océanique et intitulé « Oceanic and deep-sea research in the subtropical part of the Pacific Ocean : Sharing our Experience » s’est tenu ce lundi 4 mars à l’UPF.

Un symposium international centré sur l’étude du milieu océanique et intitulé « Oceanic and deep-sea research in the subtropical part of the Pacific Ocean : Sharing our Experience » s’est tenu ce lundi 4 mars à l’UPF. Organisé par l’IRD, en partenariat avec l’UPF, ce symposium avait pour objectif de faire un point sur les dernières connaissances acquises par des équipes internationales travaillant sur différentes composantes de l’océan dans la zone Centre et Est du Pacifique Sud. 

 

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Les océans couvrent une zone immense, qui occupe à elle seule plus des 2/3 de la surface totale de la planète. Pourtant, pour des raisons de difficultés d’accès, le milieu océanique a été jusqu’ici beaucoup moins étudié que la majorité des écosystèmes terrestres ou encore que les milieux marins lagonaires. « Dès que l’on s’éloigne de la côte, ou que l’on descend en dessous de la couche euphotique de surface, nos lacunes sur la structure et sur le fonctionnement des écosystèmes océaniques sont gigantesques. Ce déficit de connaissances est particulièrement marqué dans de nombreuses régions du Pacifique tropical qui ont été l’objet d’un effort de recherche particulièrement limité » nous précise le Dr J-C Gaertner, directeur de recherches à l’IRD et organisateur du symposium. L’immensité de cette zone et son éloignement des grands centres de recherche explique sans doute en grande partie ce constat. Cependant, alors qu’il avait été longtemps considéré comme moins impacté par les activités humaines, cet écosystème est aujourd’hui menacé par l’augmentation et la diversification de pressions anthropiques et par les multiples conséquences du changement global. 

 

Inscrit dans ce contexte, cet atelier de recherche thématique a réuni un large panel de participants de 7 nationalités, issues d’une quinzaine d’institutions, en majorité des chercheurs mais aussi des services du Pays en charge des ressources marines (DRM) et de la Recherche (DRPF). Une vingtaine de chercheurs de la campagne EPIC-II, dirigée par le Dr Dhugal Lindsay de l’agence Japonaise de recherche JAMSTEC, ont participé au symposium.

 

Tout juste après avoir débarqué du navire océanographique Japonais MIRAI, en escale pendant quelques jours dans le port de Papeete, plusieurs d’entre eux ont donc présenté leurs dernières observations réalisées au cours des 4 semaines précédentes entre les côtes chiliennes et Tahiti. Appuyés par des moyens techniques conséquents, leurs résultats préliminaires permettent déjà de décrire, pour la première fois dans cette vaste zone d’étude, la présence de nombreuses espèces. Certaines d’entre elles seront analysées plus en détail car elles pourraient s’avérer totalement nouvelles pour la science.

 

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Des chercheurs du groupe ESMOI (Chili) et de l’UMR-241 EIO « Ecosystèmes Insulaires Océaniens » (Tahiti) ont ensuite présenté leurs travaux en cours sur le milieu océanique, en particulier sur le suivi des DCP dérivants (Hiroiti Raapoto et Marc Taquet) et sur l’écologie des monts sous-marins (Camille Lepetit et Ariadna Mecho). Plus largement les écosystèmes associés aux monts sous-marins (montagnes immergées sous les océans) ont été au cœur de plusieurs communications. En effet, bien que très parcellaires, les connaissances sur ces écosystèmes suggèrent qu’ils jouent un rôle important dans la distribution de la biodiversité à grande échelle spatiale et dans la pérennité de services écosystémiques, tels que la pêche. Toutefois, cette situation pourrait changer rapidement. « La tendance actuelle à l'augmentation des pressions anthropiques qui s’exercent sur les monts sous-marins, combinée aux conséquences du changement global, renforce la vulnérabilité de ces milieux et pose des questions urgentes sur la pérennité de leurs multiples fonctions au sein des océans » conclus le Dr JC Gaertner.

 

La Polynésie française, qui possède de nombreux monts sous-marins dans sa Zone Economique Exclusive (ZEE) est particulièrement concernée par ces questions. Plus généralement, l’ensemble des présentations et des débats a mis en évidence à la fois la difficulté, mais aussi l’impérative nécessité d’accroitre les efforts de recherche pour mieux comprendre et gérer cet immense écosystème océanique encore si mal connu, mais dont la vulnérabilité est renforcée par son vaste potentiel d’exploitation qui attise des convoitises toujours plus nombreuses. 

 

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