Le nouveau vice-président des étudiants de l’université
Parution : 9 avril 2008 à 11:47 / Mise à jour : 10 juillet 2008 à 08:50

Elu vice-président des étudiants de l’université, Steve Chailloux entend profiter de cette responsabilité pour faire entendre la voix des jeunes de manière constructive. « S’engager pour agir », telle est la devise de ce militant associatif.
« Ce qui nourrit mon engagement, c’est l’action, pas les bla-bla ! ». Posé mais sans concession, Steve ne fait pas dans la langue de bois. Ce grand gaillard au regard puissant n’a pas attendu l’université pour s’impliquer. Son premier souvenir remonte à 1995 quand deux candidats s’affrontent pour les élections présidentielles lors d’un débat télévisé. Il prend alors très vite conscience du poids du politique dans la société. Il comprend que pour que ses valeurs soient entendues, il lui faut être au cœur des décisions. Début 2005, il se consacre à la vie associative à travers le Conseil des jeunes Polynésiens qu’il préside. Grâce à cet engagement associatif, il fait avancer ses idées tout en se confrontant à la réalité de terrain. Une réalité qui l’exaspère parfois : « Les jeunes apprécient de se rencontrer, d’échanger, de débattre, mais dès qu’il s’agit d’agir, c’est différent : ils préfèrent triper que d’avancer. Pour le travail, c’est pareil, on attend qu’un job tombe du ciel grâce aux Feti’i. Ce manque chronique d’investissement personnel freine le développement de notre collectivité. Ceci dit, je reste confiant et fonde de grands espoirs pour l’avenir car, par nature, les jeunes Polynésiens sont des battants et des conquérants ! ».
Au terme de sa première année de reo ma’ohi à l’université, Steve souhaite se confronter à d’autres cultures et part étudier en Nouvelle-Zélande dans le cadre d’un organisme de formation de confession chrétienne. Il effectue également un séjour en Chine dans un but humanitaire et missionnaire, où il anime un espace loisirs dans un hôpital pour enfants avant de collaborer avec une entreprise qui embauche des jeunes défavorisés en réinsertion sociale.
Ce Polynésien « à peau claire », précise t-il avec malice, revient au pays avec un esprit d’ouverture, enrichi par ces expériences. Steve aborde son parcours universitaire avec une philosophie nouvelle et le projet de devenir anthropologue : « Mon coeur bat pour ma langue et je défendrai toujours mes racines, mais désormais je combats toute approche ethnocentrique. Ce qui m’intéresse, notamment dans les études, c’est l’universalité du savoir. » Observant le fenua avec d’autres lunettes, « moins pitoïstes », il aimerait déceler et comprendre les freins auxquels sont confrontés les Polynésiens dans leur évolution.
Dans ce même esprit, il revendique son attachement à un « nationalisme moderne ». Pour lui, la Polynésie doit se développer en tenant compte de ses spécificités mais aussi et surtout de sa diversité multiculturelle. Rejetant « toute approche sectaire revendiquée par quelques anciens hantés par une Polynésie fantasmée », il considère qu’il convient « de tenir compte de toutes les communautés qui composent notre pays, dans une démarche de modération et de dialogue ».
Ces deux vertus nourrissent également son engagement à l’université. « Revendiquer un titre ne m’intéresse pas ; ce qui compte c’est l’intérêt général. Poursuivre des études supérieures est une chance que nous devons savoir mettre à profit. Si les jeunes prennent conscience de cette opportunité, l’océanisation des cadres deviendra une réalité. » Deux actions lui tiennent à cœur : la mise en place effective de l’aide au logement, « promise depuis des années par l’Etat, au nom du principe d’égalité », et la hausse de l’allocation d’études offerte par la Polynésie « pour laquelle les démarches administratives sont fahua-compliquées… ».
Pendant son mandat de vice-président, cet optimiste convaincu ambitionne de responsabiliser les étudiants qui seront les cadres de demain en les incitant à s’investir. « Pour réussir son émancipation, la Polynésie française doit allier tradition et modernité, préserver son environnement et les décideurs doivent être respectueux les uns envers les autres, explique Steve avec mesure. Tout en préservant nos spécificités, nous devons résolument nous tourner vers l’avenir. Les jeunes Polynésiens, en qui j’ai confiance, doivent se prendre en charge et s’investir sans modération. » Car pour reprendre le slogan de l’UPF, « l’université est une chance, saisissons-la ! ».
steve.chailloux@gmail.com
Adresse : Université de la Polynésie française BP 6570, 98702 FAA’A"Ils font bouger le campus" est le fruit d’une collaboration entre l’université de la Polynésie française et Les Nouvelles de Tahiti. Ainsi, le deuxième mercredi de chaque mois, un portrait sera proposé dans cette rubrique. Egalement diffusé dans Les Nouvelles, ce portrait portera sur une personne qui oeuvre pour l’intérêt général au sein de l’université, à travers ses activités professionnelles ou associatives, ses initiatives et/ou son parcours.