Université de la Polynésie Française - Tahiti

Perle, une étudiante brillante et déterminée

  • Perle Tumahai
  • étudiante de médecine à Bordeaux-2
  • Promotion 2003/2004 à l’UPF

Après l’obtention de son bac S au lycée Paul Gauguin, Perle Tumahai s’est inscrite en médecine avec la ferme intention de passer le cap de la 1ère année d’études médicales. Pari réussi puisque cette jeune femme dynamique et studieuse est sortie major de la première promotion de l’université de la Polynésie française, celle de 2003/2004. Aujourd’hui, elle poursuit son cursus à la faculté de médecine de Bordeaux-2 Victor Segalen, avec laquelle notre université a signé une convention de partenariat afin de permettre à nos étudiants de terminer leurs études médicales.

Comme chacun sait, en médecine, le travail personnel demandé aux étudiants pour décrocher son diplôme est immense. Mais Perle a de solides motivations pour la pousser à réussir : « Mon père était lui-même médecin. J’admire ce qu’il a fait ainsi que le sens du contact qu’il développait avec ses patients. » Petit point de vocabulaire avant de mieux connaître Perle : « carabin » désigne un étudiant en médecine, mais allez savoir si ça s’accorde au féminin !

UPF : Quel regard portes-tu sur ta première année de médecine ?
Perle : Les études en médecine sont vraiment très difficiles : il faut énormément travailler, il y a beaucoup de choses à apprendre. L’autre caractéristique, c’est que les enseignements sont très théoriques : en 1ère année, on a des travaux dirigés mais pas de travaux pratiques. A la fin de l’année, chaque étudiant se retrouve avec une multitude de classeurs de cours qu’il faut ingurgiter pendant les courtes semaines de révision. Cela implique un exercice de mémoire difficile. Cependant maintenant que je suis à Bordeaux, je me rends compte que cette 1ère année à l’UPF était bien agréable. A Tahiti, on entretient des relations plus étroites avec les professeurs car, en métropole, les enseignants font face à un amphi de 600 étudiants. En plus, on était bichonné ici car on avait droit à une salle climatisée, la E3-2, rien que pour nous !

A cause de l’esprit de compétition, l’ambiance en classe n’est-elle pas tendue ?
Au début de l’année, je ne connaissais personne. Il faut avouer que le premier jour, on était tous méfiants. Cependant, l’ambiance s’est rapidement améliorée. Tout le monde sait qu’il y a le concours à la fin de l’année mais on est resté tous solidaires. Même si en raison du travail qui nous absorbait, on ne se voyait pas beaucoup en dehors des cours, j’entretenais de bonnes relations avec mes camarades de promo. Par contre, il est vrai que pendant la période d’examens, l’ambiance était plus tendue. En revanche, une fois les examens terminés, l’esprit de la fête a repris le dessus et, après une année très chargée, on s’est rattrapé entre pots entre amis et sorties en boîte bien méritées. La tension retombe et redevient conviviale comme pendant les cours, y compris avec ceux qui n’ont pas réussi et doivent redoubler.

Une fois installée à Bordeaux, comment vis-tu ce changement radical concernant les cours ?
Tous ceux qui ont réussi à Tahiti partent à Bordeaux, qui est une grande ville, où l’anonymat domine, contrairement à Papeete où tout le monde se connaît. A la fac, en tant qu’étudiant, tu te fonds dans une masse de plusieurs milliers d’autres étudiants. Concernant les cours, les étudiants qui préfèrent la pratique sont servis. En 2ème année, on commence les dissections, qui ne se font ni sur des animaux ni sur des mannequins mais sur des corps humains, c’est pour cela que ces travaux très particuliers ne sont pas obligatoires. A Bordeaux, la rentrée commence par le week-end d’intégration. Chacun doit s’habiller en blouse blanche et débutent alors des festivités bon enfant du genre bataille de nourriture, partie de catch dans la boue… C’est le fameux « folklore carabin ».