Université de la Polynésie Française - Tahiti

Marc DEBENE

"L’université de la Polynésie française est aussi digne que les autres."

Professeur des universités, docteur d’Etat, agrégé de droit public, recteur à plusieurs reprises, le parcours de Marc Debène est marqué par les responsabilités au plus haut niveau. Elu vice-président du conseil d’administration en mars dernier, il compte bien mettre à profit son expérience au service de l’université et de ses étudiants.

"Lycéen, j’envisageais de passer l’ENA (nrld : Ecole Normale d’Administration) mais, lauréat de la faculté de droit de Rouen, j’ai naturellement été happé par le monde universitaire". Le ton est donné : ce qui intéresse cet enseignant émérite, ce n’est pas tant les titres que les défis à relever. L’agrégation de droit public en poche, Marc Debène s’expatrie à Dakar en 1981. Assesseur du doyen, il goûte déjà à l’administration mais ses travaux de recherche l’amènent à se pencher sur le droit foncier et le lourd problème du partage des terres. Il sera dès lors consulté pour participer à l’élaboration du Code du domaine public en Guinée, le Code rural du Niger et les règles relatives à l’aménagement de la vallée du fleuve Sénégal.

De retour en France en 1987, il enseigne à l’université de Rouen où il est appelé à assumer de nouvelles responsabilités, celles de vice-président du conseil scientifique et de président de l’Institut des sciences administratives de Haute-Normandie. L’année 1992 marque un tournant décisif dans sa carrière universitaire : il devient recteur de l’académie de Corse. "Ce fut un séjour sportif quoi que sympathique : ma voiture a brûlé, le rectorat a sauté deux fois et je me rendais à différents conseils d’administration, escorté par la gendarmerie", se rappelle t-il avec amusement. Etre recteur n’est pas un métier mais un sacerdoce : "Je passais moins de temps dans mon bureau que sur la route pour rencontrer les responsables de service, c’était littéralement épuisant. Sans compter les convocations chez le Ministre pour un oui ou pour un non". Les enjeux sont tels qu’un recteur, par ailleurs chancelier des universités, peut être remercié à tout moment. Qu’importe, la tâche est exaltante. "Ces responsabilités m’ont permis d’apprécier la grande hétérogénéité des régions françaises dans leur approche de la dimension éducative". En Corse, à Strasbourg comme à Rennes, il est cependant confronté à une problématique commune, la langue, que ce soit le corse, l’alsacien ou le breton. A cet égard, il est marqué pour chacune d’elle par l’attachement de la population locale à sa langue régionale et la volonté des élus de développer son enseignement.

Les spécificités locales, la terre, la langue… ces mêmes thématiques se cristallisent avec acuité en Polynésie française. En ce qui concerne l’enseignement, Marc Debène considère qu’il est un des éléments déterminants du développement de cette collectivité ultramarine. Quant à l’université, "il est indispensable qu’elle soit soutenue dans ses actions par ses partenaires institutionnels naturels que sont l’Etat et le Pays. En métropole, les universités sont aidées de manière significative par les régions, les départements et les communes dès lors que ces différentes collectivités comprennent qu’une université performante constitue un atout sur le plan économique. Ce doit être le cas ici, dans le respect de son autonomie. De la même manière, tous les membres de la communauté universitaire doivent être convaincus de son utilité comme de sa valeur. Il est à cet égard étonnant que certains la dénigrent alors qu’ils devraient la défendre avec énergie."

Marc Debène souligne d’ailleurs que les récentes visites de la Cour des comptes et de l’Agence nationale de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, qui rendront prochainement leurs conclusions, tendent à démontrer que la gestion de l’université est saine. "L’UPF est certes petite en taille et en effectifs, pour autant les formations qu’elle propose et la recherche qu’elle mène semblent plutôt bonnes", insiste t-il tout en rappelant que "cette université est aussi digne que les autres et ne doit souffrir d’aucun complexe." Au contraire, pour ce professeur aux multiples casquettes qui se veut résolument positif, celle-ci doit assumer de nouveaux défis, en particulier réussir son ouverture internationale avec un ancrage océanien assumé, accompagner les étudiants en difficulté et garantir l’insertion professionnelle de ses diplômés car, à ses yeux, "la réussite universitaire ne passe pas simplement par l’obtention d’un diplôme mais aussi par le fait de trouver sa place dans la société."

Carnet de route

. Devient chargé de TD en 1969, puis assistant en 1972 avant de réussir l’agrégation de droit public en 1979.

. Enseigne le droit administratif à l’université de Dakar de 1981 à 1986.
. Recteur des académies de Corse (1992-1997), de Strasbourg (1997-2000) et de Rennes (2000-20005).
. En 2006, il publie un commentaire du Code de l’éducation, chez Dalloz, et plusieurs articles consacrés à l’administration et aux finances de l’éducation.
. Mars 2008 : il accepte d’assumer les fonctions de vice-président du conseil d’administration de l’université en plus de ses autres attributions : directeur d’un laboratoire de recherche pluridisciplinaire, responsable de la francophonie, chargé de l’intégration prochaine de l’IUFM….

Partenariat UPF/Les Nouvelles

"Ils font bouger le campus" est le fruit d’une collaboration entre l’université de la Polynésie française et Les Nouvelles de Tahiti. Ainsi, le deuxième mercredi de chaque mois, un portrait sera proposé dans cette rubrique. Egalement diffusé dans Les Nouvelles, ce portrait portera sur une personne qui oeuvre pour l’intérêt général au sein de l’université, à travers ses activités professionnelles ou associatives, ses initiatives et/ou son parcours.

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