Parution : 2 octobre 2007 à 15:25 / Mise à jour : 19 mai 2009 à 09:40
Le 15 février 2007, Christophe Serra-Mallol a soutenu sa thèse de doctorat en anthropologie intitulée : « Traditions alimentaires et changement social. Approche socio-anthropologique de l’alimentation à Tahiti (îles de la Société, Polynésie française) ». Présidé par le professeur Bruno Saura de l’université de la Polynésie française, en sa qualité de directeur de thèse, le jury était également composé d’Eric Conte, professeur à l’université de la Polynésie française, de Paul Van Der Grijp, professeur à l’université de Lille 1 et de Claude Fischler, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique.
Cette thèse d’anthropologie a pour objet d’étudier les pratiques alimentaires et leurs représentations chez les Tahitiens, de l’époque du premier contact avec les Européens jusqu’à nos jours. Elle vise à montrer le rôle central de l’alimentation dans la vie sociale, économique et culturelle des anciens Tahitiens, véritable fait social total et support d’un culte de l’abondance. L’impact sur le système alimentaire du changement social rapide qu’ont connu les Iles de la Société sera mis en évidence à travers un triple processus de changement de la société tahitienne : christianisation, colonisation et monétarisation. Malgré un phénomène d’acculturation, des permanences dans les modes d’alimentation contemporains sont néanmoins mises en évidence.
L’étude aujourd’hui du rapport au corps et de la valorisation des corpulences fortes, ainsi que des pratiques et des représentations alimentaires conduit à un questionnement sur les facteurs constitutifs de l’identité ma’ohi contemporaine. L’alimentation est ainsi posée comme un facteur structurant de l’organisation sociale, basé sur la transmission et en interaction avec l’évolution du milieu écologique, social et culturel.
Dans le cadre de l’école doctorale pluridisciplinaire de l’université, Raimana HO a soutenu sa thèse de doctorat le 10 avril 2007 sur le sujet suivant : « Etude des ecdystéroïdes d’une fougère médicinale de Polynésie française, le metuapua’a (microsorum scolopendria et microsorum membranifolium) : composition chimique, biodiversité et biosynthèse. »
Le jury était composé de Phila Raharivelomanana, la directrice de thèse de Raimana, en sa qualité de directrice du laboratoire de chimie des substances naturelles de l’UPF, d’Emile Gaydou, professeur à l’université d’Aix-Marseille 3 et directeur de l’équipe de Phytochimie, de René Lafont, professeur à l’université Pierre et Marie Curie de Paris-6, de Priscille Frogier, déléguée à la recherche de la Polynésie française, de Taivini Teai, maître de conférences et de Jean-Pierre Bianchini, professeur émérite de l’UPF.
Résumé de sa thèse : Le metuapua’a regroupe un ensemble de fougères (Microsorum scolopendria et Microsorum membranifolium) employé dans la médecine traditionnelle tahitienne. C’est sans contexte la fougère médicinale de référence en Polynésie française. Elle est connue de tous, de par son abondance et en raison de sa réputation dans la pharmacopée traditionnelle. Très populaire pour ses vertus médicinales, ses feuilles et/ou ses rhizomes entrent dans la composition d’un grand nombre de remèdes. Le metupua’a est principalement employé comme fortifiant et vermifuge mais est aussi préconisé pour traiter une liste non-exhaustive de maux.
Le genre Microsorum auquel appartient le metuapua’a est connu pour contenir des métabolites secondaires ayant des propriétés biologiques bénéfiques pour la santé, en particulier les ecdystéroïdes (molécules appartenant à la famille des stéroïdes). La composition chimique en ecdystéroïdes des frondes a été déterminée pour la première fois chez les six espèces de Microsorum de Polynésie française.